Sophie Jeannin, coordinatrice de Manger Bio 35

Publié le 25 Février 2015, par Fondation pour la Nature et l'Homme
Sophie Jeannin
coordinatrice de Manger Bio 35
Lieu Saint-Grégoire (35)
Cibles:

« Il est important de connaître les contraintes de chacun »

Coordinatrice de la plateforme de distribution de produits bios, locaux et de saison pour la restauration collective en Ille-et-Vilaine, Sophie Jeannin est l’interlocutrice privilégiée des fournisseurs, cuisiniers et gestionnaires. En apportant un soutien logistique primordial à ces acteurs, elle participe au changement de leurs pratiques et mode d’approvisionnement.

Ce témoignage a été récolté par la Fondation pour la Nature et l'Homme.

 

Questions

1- Qui êtes vous et quelle est votre mission au sein de Manger Bio 35 ?

2- Pouvez-vous me présenter Manger Bio 35 ?

3- Rencontrez-vous des freins dans l’accompagnement des acteurs dans leur projet de restauration collective responsable et durable ? Si oui, comment levez-vous ces difficultés ?

4- Aujourd’hui, quel bilan dressez-vous de Manger Bio 35 ?

5- Quelles pistes de progrès voyez-vous pour les années à venir ?

6- Si vous deviez donner un conseil à un producteur voulant s’engager dans une démarche de restauration responsable quel serait-il ?

 

1- Qui êtes vous et quelle est votre mission au sein de Manger Bio 35 ?

Je suis la coordinatrice de la structure Manger Bio 35 et m’occupe d’animer le réseau d’adhérents. A travers ma profession, j’ai pour mission de:

  • recenser l’offre et la grouper afin de provoquer une demande ;
  • faire en sorte de répondre aux demandes de la restauration collective ;
  • ajuster au mieux l’offre et la demande.

 

2- Pouvez-vous me présenter Manger Bio 35 ?

La structure Manger Bio 35 est un groupement d’intérêt économique qui, depuis mai 2000, regroupe environ une trentaine de producteurs de produits bio et locaux en Ille-et-Vilaine qui s’est spécialement organisé pour approvisionner la restauration collective. Nous disposons d’un vaste catalogue de plusieurs produits issus du département et adaptés à la restauration collective :

  • des légumes de saison : pommes de terre, betteraves, navets, radis noir, panais, carottes, poireaux, oignons, courges etc ;
  • des fruits : principalement de la pomme et un peu de fraises ;
  • jus de pommes, cidre ;
  • porc et produits charcutiers, viande de bœuf, poulets et œufs ;
  • produits laitiers (yaourts, fromage blanc, fromages…) ;
  • pain ;
  • et toute une gamme de produits bio complémentaires (épicerie, ultra frais, légumes et fruits non produits localement).

Au sein de cette structure nos missions sont diverses :

  • faire le catalogue de produits destinés aux acheteurs ;
  • faire le lien entre producteurs et les équipes de cuisine ;
  • sensibiliser et former les personnes ;
  • assurer le suivi des commandes.

Enfin, nous disposons d’un lien fort avec l’interlocuteur Biocoop Restauration puisque nous distribuons à la fois les produits collectés chez nos producteurs mais aussi les produits Biocoop Restauration.

 

3- Rencontrez-vous des freins dans l’accompagnement des acteurs dans leur projet de restauration collective responsable et durable ? Si oui, comment levez-vous ces difficultés ?

Le principal frein pour les clients est l’aspect budgétaire. Un produit bio reste plus cher qu’un produit conventionnel. Le coût repas augmente et cela nécessite un travail de fond pour rééquilibrer le budget. Nous devons aussi faire face aux résistances des gestionnaires et cuisiniers qui sont parfois réservés à changer leurs approvisionnements et pratiques. En effet, introduire des produits biologiques et locaux peut être perturbant pour eux sur plusieurs points :

  • cela implique un changement de pratiques tant pour les cuisiniers qui doivent se réapproprier les aliments (légumes bruts de saison, fromages à la coupe etc.) que pour les convives qui doivent s’habituer à des saveurs différentes, des produits moins raffinés et plus variés ;
  • le changement du circuit d’approvisionnement peut être également perçu comme un frein puisque les livraisons sont moins régulières.

 

4- Aujourd’hui, quel bilan dressez-vous de Manger Bio 35 ?

C’est un bilan très positif puisque depuis 14 ans de présence sur le marché nous pouvons voir une certaine pérennité installée. Nous sommes désormais de plus en plus perçus comme des professionnels incontournables de la restauration collective bio. Les produits bio, quant à eux, ne sont plus qualifiés de produits à la mode comme il y a dix ans .

Le réseau national MBIM est aussi important pour nous, salariés :

  • il permet le partage des pratiques communes, des formations ;

  • il élabore des outils de communication et assure une représentation nationale des plateformes locales réparties sur la France entière ;

  • nous nous réunissons deux à trois fois par an.

 

5- Quelles pistes de progrès voyez-vous pour les années à venir ?

Il serait intéressant de développer l’approvisionnement dans d’autres secteurs de la restauration collective tels que celui de la santé ou celui de la restauration d’entreprises et ceci tout au long de l’année. Nous aimerions également développer d’avantage la régularité des commandes autant pour les producteurs que pour les convives.

 

6- Si vous deviez donner un conseil à un producteur voulant s’engager dans une démarche de restauration responsable quel serait-il ?

Je lui conseillerais plusieurs choses :

  1. De s’intéresser au marché de la restauration collective mais de ne pas s’y consacrer entièrement car c’est un marché qui peut être aléatoire avec des périodes de vacances scolaires assez longues. Il est aussi pertinent de s’ouvrir à d’autres débouchés de type ventes directes, AMAP etc.
  2. De ne pas s’attendre à avoir des gros débouchés tout de suite : il est parfois difficile de changer les mentalités et pratiques des professionnels.

 

(Photo prise à l'occasion des 10 ans de la cantine bio de Langouët. De gauche à droite : Geraldine Debeaulieu, Sophie Jeannin de Mangerbio 35, Sylvie Forel, Michel Communier, Arnaud daligault, Jean-Sebastien Piel, Yves Simon, producteurs et Mr Cueff et les deux cuisinières.)

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