L'association "Chouette, c'est bio!" à Dijon (21)

Publié le 25 Mars 2015, par Fondation pour la Nature et l'Homme
Olivier Lesage
Président de l'association
Lieu Dijon (21)
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Cibles:

« La difficulté est la compréhension de l’importance du bio. »

Olivier Lesage est un parent d’élèves qui a décidé de se mobilier pour une alimentation de qualité en restauration collective. Il est à l’origine de l’association “Chouette, c’est bio!” dont le but est de faire progresser la part du bio local et de saison dans les cantines de la ville de Dijon qui sert actuellement 7000 à 8000 repas par jour.

Ce témoignage a été récolté par la Fondation pour la Nature et l'Homme.

 

Questions:

1- Qui êtes vous et pouvez-vous nous présenter votre association ?

2- Quelles raisons vous ont poussées à créer une association de parents militant pour des cantines bio, locales et de saison ?

3- Quelle vision de l’alimentation défendez-vous à travers « Chouette, c’est bio ! » ?

4- Quelles sont vos principales actions dans le développement de la restauration collective responsable ?

5- Quelles difficultés rencontrez-vous dans la mobilisation des différents acteurs ?

6- Aujourd’hui, quel bilan dressez-vous de votre démarche ?

7- Quelles pistes de progrès voyez-vous pour les années à venir ?

8- Si vous deviez donner un conseil à un parent d’élèves voulant faire accéder à son enfant une restauration responsable quel serait-il ?

 

1- Qui êtes vous et pouvez-vous nous présenter votre association ?

Je suis parent d’élèves de deux enfants concernés par la restauration collective mise en place par la ville de Dijon . J’exerce le métier de paysagiste et suis en parallèle le président de l’association « Chouette, c’est bio ! » créée en 2011. Elle regroupe une dizaine de parents d’élèves de primaires et maternelles tous localisés dans un quartier de Dijon. C’est un sujet qui touche un grand nombre de personnes mais nous avons peu de temps à coté pour nous réunir de manière régulière. Par conséquent, nous avons beaucoup fonctionné par mail, les réseaux sociaux et le blog de l’association.

 

2- Quelles raisons vous ont poussées à créer une association de parents militant pour des cantines bio, locales et de saison ?

En discutant avec les autres parents d’élèves à la sortie d’école, nous nous sommes rendus compte que nous étions plusieurs à nous intéresser aux questions de santé et d’alimentation biologique. En 2011, nous avons mis en place une pétition pour savoir si nous étions les seuls à s’y intéresser.

Nous nous sommes, à cette occasion, ouverts à un plus grand public en affichant des prospectus et affichettes sur le marché, notamment auprès des marchands de bio. Nous avons également mobilisé les réseaux sociaux autour de cette question pour obtenir environ 800 signatures dans un premier temps. C’est en 2012 que nous avons le plus bataillés. Nous avons réalisé plusieurs évènements durant lesquels nous nous sommes beaucoup rapprochés des acteurs de la bio comme le SEDARB, le GAB, des structures anti OGM comme Terre de Liens et l’association Veille aux grains Bourgogne car c’est un sujet recoupant plusieurs thématiques. Suite à cette pétition, nous avons trouvé pas mal d’appuis autour de nous : le médecin Lilian Le Goff, le WWF, Jean Paul Jaud réalisateur du film « Nos enfants nous accuseront », Bio Consom’acteurs, etc. Nous avons entre autre reçu une lettre de soutien de la FNH.  Avec tous ces réseaux, notre pétition a bénéficié d’une plus grande médiatisation et nous sommes parvenus à 1500 signatures!

 

3- Quelle vision de l’alimentation défendez-vous à travers « Chouette, c’est bio ! » ? 

Trois pans sont développés dans notre lettre définissant les enjeux que portent une alimentation responsable :

  1. La Santé : l’absence de perturbateurs ou de produits de synthèse garantit une alimentation saine ;
  2. L’Economie, Sociale et Solidaire: soutenir le développement de l’agriculture biologique localement, qui est reconnue crée 59% d’emplois en plus ;
  3. L’Environnement : en ne consommant pas des produits impactant l’environnement directement.

En tant que parents, l’argument de santé porté par le développement de l’Agriculture biologique prévaut sur celui du local. A cette époque, la municipalité n’envisageait pas de faire du bio sans qu’il soit local. Notre idée est de proposer qu’il y ait d’abord du bio et en parallèle le développement du « bio local ».

 

4- Quelles sont vos principales actions dans le développement de la restauration collective responsable ?

Actuellement, mon action principale est une veille d’information. En 2012-2013, avec d’autres associations nous avons organisé des conférences avec des experts d’invités afin d’animer le débat. Nous avons participé à des manifestations et des projections comme « les Moissons du futur » de Marie-Monique Robin qui a aussi été diffusé sur Arte. Nous n’écartons pas la possibilité de reprendre le flambeau et les activités mises en route à travers la pétition.

A Dijon, nous avons eu une avancée au niveau des municipales puisque la liste PS/EELV est favorable au bio dans les cantines. Nous allons rencontrer le nouvel adjoint au maire délégué à l'environnement Patrice Château, déjà assez investit sur la question (35% de produits biologiques dans son ancienne commune). Pour autant, à la cuisine centrale, les menus n’ont pour l’instant pas évolué. Ils annonçaient 10-11% de produits bio du budget des commandes mais lorsque nous regardons des menus, cela ne va pas loin : une semoule ou un yaourt de temps en temps. La cuisine centrale est en elle-même une difficulté car ses procédés sont quasi industriels.

 

5- Quelles difficultés rencontrez-vous dans la mobilisation des différents acteurs ?

Chaque acteur soulève des difficultés spécifiques à leurs compétences et prérogatives:

  • Les élus : l’argument qui émane est de privilégier le local sinon ca ne vaut pas le coût de faire du bio. Cela soulève le vrai problème de manque de sensibilité ou de connaissance du facteur santé dans la RC bio autour des pesticides, des perturbateurs endocriniens, des résidus, des conservateurs, des emballages, des OGM etc. Mais nous avons bon espoir que cet aspect évolue avec la nouvelle municipalité.
  • Les techniciens : ont un intérêt pour la question mais il est difficile de prendre des initiatives lorsque l’élu de référence ne porte pas le projet. Il y a une question de culture au niveau des chefs de cuisine qui freine l’entrée des produits biologiques. Il faudra aussi accompagner le personnel de cuisine par de la formation spécifique au bio comme nous avons pu le remarquer lors de notre visite de la cuisine centrale.
  • Les fournisseurs : au niveau du GAB, nous avons été surpris par les difficultés de la profession qui brident les ambitions de développer d’avantage la restauration collective. Seulement un ou deux individus sont intéressés par le sujet, ayant un esprit d’entreprise qui contraste avec l’esprit « d’artisan de la terre » habituel. La ville a pourtant besoin de plus de légumes bio afin que la restauration collective fasse sa transition.

 

6- Aujourd’hui, quel bilan dressez-vous de votre démarche ?

Nous avons perdu du rythme mais cela est lié à la disponibilité de chacun. Nous avons été surpris d’avoir eu 1577 signatures dont la grande majorité vient de Dijon. On a distribué des papiers au marché de Dijon, on a pris contact avec une ou deux AMAP, on a participé à des réunions dans diverses associations écologistes etc. Nous avons touché un public averti mais nous ne sommes pas allés au delà de ce public. Si nous avions pris les moyens, nous aurions pu aller beaucoup plus loin. Par exemple, on aurait pu faire circuler dans les cahiers d’élèves cette enquête en posant aux parents la simple question « Souhaitez-vous du bio dans la cantine ? »

 

7- Quelles pistes de progrès voyez-vous pour les années à venir ?

En plus de rencontrer la nouvelle équipe municipale pour connaître ses positions et ambitions, la prochaine étape est de militer d’avantage sur la question des OGM qui n’est toujours pas tranchée ainsi que sur la transparence des menus. Il paraît logique d’avoir accès à un menu détaillé concernant les ingrédients, comme tout consommateur y a accès sur l’emballage d’un produit par exemple.

Il faut continuer de militer afin que les agriculteurs qui voudraient s’installer en bio accèdent à des terrains de meilleure qualité comme des terres maraîchères par exemple pour produire des légumes car un terrain agricole n’est pas forcément une bonne terre maraîchère, cela prend du temps et beaucoup de travail.

Un dernier aspect qu’on aurait voulu approfondir était d’aller d’avantage vers les enfants à travers les écoles. La sensibilisation est primordiale.

 

8- Si vous deviez donner un conseil à un parent d’élèves voulant faire accéder à son enfant une restauration responsable quel serait-il ?

Je lui conseillerais :

  • de mobiliser le plus de parents d’élèves possible car, seul, cela est difficile ;
  • d’aller à la rencontre d’autres acteurs (associations, élus, experts etc.) et d’en sensibiliser certains comme par exemples les élus ;
  • de chercher des informations, maîtriser son sujet, ce qui est important etc.
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