Double peine pour nos cantines et l'agriculture durable

Publié le 10 Mars 2016, par Fondation pour la Nature et l'Homme
Dates: le 10/03/2016 12h00
Organisé par: FNH et CCC-France
Lieu: France
Cibles:

Les députés l’ont votée à l’unanimité, les Sénateurs l’ont éteinte. La loi pour l’ancrage territorial de l’alimentation, portée par Brigitte Allain, était débattue au sein de la Haute Assemblée hier après-midi. Visant à 40% d’alimentation durable, dont 20% de produits biologiques dans les cantines en 2020, le texte a fait l’objet d’une longue discussion mettant en évidence deux visions opposées de notre agriculture et de notre alimentation. Le temps dédié à la niche écologiste (4h) ayant été dépassé, le texte n’a pas été voté, reportant de facto le vote aux calendes grecques.

Un manque de vision et de courage politique incompréhensible

Hier les Sénateurs ont fait preuve d’un manque de vision et de courage politique alors même qu’une meilleure alimentation est plébiscitée par les consommateurs et parents d’élèves et que la France continue de s’embourber dans ses objectifs de réduction des pesticides (nouvelle augmentation de 9% de leur usage entre 2013 et 2014). Pourtant, structurer une demande en produits de qualité, dont en produits biologiques, n’est pas une affaire de sensibilité, mais de réalisme.

Depuis le Grenelle de l’environnement tous les acteurs s’accordent à dire que la restauration collective peut jouer un rôle majeur pour structurer une agriculture de qualité et de proximité dans nos territoires. Si les objectifs du Grenelle n’ont pas été atteints - moins de 3% de produits bio dans les cantines en 2014 - la loi Allain devait permettre de donner un nouveau souffle à la dynamique, plébiscitée par les consommateurs. 40% d’alimentation durable, 20% de bio, du fait maison, l’implication des régions, un observatoire, la loi donnait un cadre pour mettre en place les projets qui se démultiplient partout en France. Les députés l’ont compris en votant le texte à l’unanimité en janvier.

Au cœur du débat passionné : le 20% de produits bio

Les échanges ont mis en évidence que, malgré la volonté des consommateurs de manger des produits bio, malgré l’explosion des conversions en agriculture biologique et malgré les réponses économiques que cette agriculture apporte dans un contexte de crise agricole aigüe, une frange de nos Sénateurs a résisté au progrès et à la modernité en rejetant cet objectif.

Comment croire encore que la production française de bio ne serait pas suffisante alors que 400 000 ha seulement seraient nécessaires pour atteindre l’objectif de 20% ? Comment penser que les collectivités seraient accablées par une telle loi alors que nombre d’entre elles, dont Saint-Etienne ou Bordeaux, l’atteignent très largement ? Comment assurer que cela entraînerait des surcoûts rédhibitoires alors que la réalité nous montre qu’il est possible de mettre en place ces démarches sans surcoût notamment en travaillant sur le gaspillage... 

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