Santé

« Le meilleur médecin est la nature : elle guérit les trois quarts des maladies et ne dit jamais de mal de ses confrères » Louis Pasteur
En Europe aujourd’hui, six des sept plus grands facteurs de risque de décès prématuré (tension artérielle, cholestérol, indice de masse corporelle, consommation insuffisante de fruits et de légumes, manque d’activité physique et abus d’alcool) sont directement liés à ce que nous mangeons ou buvons et au peu d'activités physiques que nous pratiquons (source : Commission Européenne, DG Santé). Sensibiliser et permettre l’accès à une alimentation saine et de qualité apparaissent donc comme des enjeux phares en termes de santé publique.

Réduire l’exposition des populations aux pesticides

La France est l’un des premiers utilisateurs mondiaux de pesticides. Ces produits sont utilisés afin de lutter contre les ravageurs des cultures depuis des dizaines d’années mais leurs risques pour la santé humaine comme pour l’environnement sont aujourd’hui avérés.

Les premiers concernés sont les agriculteurs eux-mêmes, qui rencontrent un risque accru de développer certaines pathologies chroniques (cancers, troubles neurologiques, troubles de la reproduction). Les témoignages d’agriculteurs victimes de pesticides ne cessent de croître et les mouvements de dénonciation des effets néfastes des pesticides sur la santé et l’environnement n’ont jamais été si nombreux.

Mais les citoyens ne sont pas épargnés et peuvent aussi être exposés de plusieurs manières à ces substances : en mangeant des aliments contenant certains résidus, en respirant l’air contenant des particules après pulvérisation par exemple, ou en buvant une eau issue d’une nappe contaminée. L’Organisation Mondiale de la Santé indique que la contamination des aliments par les pesticides est la voie d’exposition de loin la plus importante. Les évaluations de risques attribuent 90% de l’exposition à l’alimentation contre 10% à l’eau. (Source : Mehri, 2008)

Pour cette raison, la France a pris en 2008 l’engagement de réduire de 50% l’utilisation de ces produits, objectif atteignable en termes agricoles selon l’INRA. Nous sommes toutefois aujourd’hui loin d’atteindre cette ambition.

La restauration collective peut être un levier structurant pour faire évoluer les systèmes agricoles locaux vers plus de durabilité et en particulier vers la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. En s'approvisionnant en produits bio locaux ou en contribuant à l’installation de producteurs bio comme le font certaines collectivités, les cantines deviennent un moteur de la santé pour tous !

 

Garantir l’équilibre alimentaire

Plus que de « remplir les ventres », la restauration collective a pour mission de proposer des repas équilibrés sur la base des recommandations nutritionnelles : équilibre en termes de glucides, lipides, protéines, vitamines… L’équilibre alimentaire est un enjeu central de santé. On sait aujourd’hui le rôle que jouent les régimes alimentaires dans la santé des populations : diabète, obésité, cancers… D’après le Fonds mondial de recherche contre le cancer, un changement d'habitudes alimentaires permettrait ainsi de prévenir 30 à 40% des cas de cancers.

Selon Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, les politiques agricoles ne doivent pas seulement miser sur l’augmentation de la production mais plutôt sur une agriculture qui garantit la disponibilité et l’accessibilité à un large éventail d’aliments contenant les micronutriments nécessaires pour permettre aux enfants de se développer pleinement sur les plans physique et mental, et aux adultes de mener une vie saine et productive. A ce titre, l’Organisation Mondiale de la Santé souligne l’importance des systèmes alimentaires locaux qui permettent aux consommateurs des villes la transition vers des systèmes alimentaires plus sains en leur facilitant l’accès à des aliments frais et nutritifs, notamment à des fruits et légumes.

L’équilibre alimentaire peut également passer par de nouvelles formes d’alimentation qui laissent une part moins importante à la viande tout en maintenant l’apport protéinique requis. Ces repas intègrent ainsi moins de viande en volume mais de la viande de meilleure qualité pour notre environnement comme notre santé !

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