Justice sociale

L’enjeu social est sans doute l’un des premiers enjeux de la restauration collective. Car c’est bien de restauration sociale dont il est question. A travers la diversité des secteurs qu’elle touche, la restauration collective représente un levier pour permettre l’accès à des repas équilibrés, sains et de qualité pour tous. Mais elle peut également être un outil d’équité Nord/Sud, à travers le choix de ses filières d’approvisionnement et la promotion de produits issus du commerce équitable, garant du respect des droits fondamentaux des petits producteurs au Sud.

Une restauration sociale au Nord

Le propre de la restauration collective est, depuis toujours en France, d’assurer un repas équilibré au plus grand nombre à un coût accessible. Cet objectif d’une restauration sociale apparaît comme un enjeu central dans le contexte de crise sociale que nous traversons. En effet, de plus en plus de familles ont des difficultés à répondre à leurs besoins, se trouvant en situation de précarité alimentaire. A cela s'ajoute le fait que plus généralement, l’alimentation devient un bien de consommation comme les autres pour les ménages français. Le CREDOC montre ainsi que la part de l’alimentation dans le panier des ménages a fortement décru, passant de 40% il y a 40 ans à 13% aujourd’hui. Cause ou effet, certains marchés alimentaires tels que celui de la « junk food » ont vu leur part exploser, et ce malgré leurs impacts sanitaires indéniables. Force est donc de constater que « bien se nourrir » n’est malheureusement pas toujours une priorité.

En rendant accessible à tous, quel que soit le niveau social, une alimentation équilibrée, savoureuse, diversifiée et saine, les collectivités peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre la précarité alimentaire. Parmi leurs leviers d’action se trouve la question du prix et de l’accessibilité des repas, plus principalement pour les ménages à bas revenus.

La restauration sociale, quand elle est responsable, contribue également au développement durable de nos territoires, en faisant sortir la consommation de produits bio / durables / locaux des cercles de convaincus pour sensibiliser les moins favorisés. Un moyen de montrer qu’une telle alimentation de qualité peut également être accessible à tous !

 

Une justice sociale au Sud

Nos choix alimentaires en France impactent la santé dans les Pays du Sud. En effet, les 49 pays les moins avancés exportent souvent leurs fruits et légumes vers le Nord, ce qui nous permet de choisir nos aliments dans une gamme très large toute l’année. L’exportation de ces aliments riches en micronutriments entraîne une augmentation des prix sur les marchés internationaux, les rendant ensuite inabordables pour les populations locales. C’est notamment le cas du Kenya, l’un des premiers exportateurs de haricots au monde, qui voit pour autant sa population souffrir de sous-approvisionnement en fruits et légumes.

Des alternatives se sont mises en place afin de réduire les inégalités engendrées par ces circuits conventionnels, au cœur desquelles se trouve le commerce équitable. Véritable démarche de solidarité, il participe au maintien et au développement des paysans et de leurs communautés en veillant au respect de leurs droits fondamentaux, en leur garantissant un prix minimum stable et un partenariat de long terme.

Ainsi, en choisissant la filière équitable pour les aliments qui ne sont pas produits sous nos latitudes, la restauration collective peut contribuer au développement économique et social des producteurs et artisans du Sud.